Exposition polonaise à l’École biblique

Le 17 février 2018, le cloître de la basilique dominicaine à Jérusalem a accueilli une exposition de photos jusque-là inconnues des soldats polonais du IIe Corps, qui se sont battu pendant la Seconde Guerre mondiale pour se ranger aux côtés des Alliés. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Représentant de la République de Pologne auprès de l’Autorité nationale palestinienne, H. E. Aleksandra Bukowska-McCabe.

Le IIe Corps polonais (en polonais : Drugi Korpus Wojska Polskiego), 1943-1947, était une unité tactique et opérationnelle majeure des Forces armées polonaises à l’Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été commandé par le Lieutenant général Władysław Anders et a combattu avec distinction dans la campagne d’Italie, en particulier à la bataille de Monte Cassino. Fin 1945, le corps comptait plus de 100 000 soldats.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il n’y eut pas d’opérations militaires en Terre Sainte (sous mandat britannique de la Société des Nations appelé Palestine). Cette zone, cependant, était l’hinterland immédiat des batailles livrées en Afrique du Nord par les forces britanniques et alliées (y compris les Polonais), et par les troupes allemandes et italiennes. C’était aussi le lieu de formation, d’entrainement et de transit des unités polonaises de soldats après la campagne de septembre infiltrée dans l’Ouest, les Balkans et la Turquie ; soldats et civils qui, après avoir été libérés des prisons et camps de travail et exilés, furent évacués des régions de l’Union Soviétique par la Perse et l’Irak.

Le IIe Corps polonais a été créé en 1943 à partir de diverses unités combattant aux côtés des Alliés dans tous les théâtres de guerre. Au printemps 1940, avec le consentement du gouvernement français, la Brigade des Carpathes a été créée dans la ville de Homs en Syrie. Après la capitulation de la France en juin 1940, la brigade s’associe au Mandat britannique de Palestine et devient une partie des forces britanniques.

La première unité tactique polonaise soumise aux forces armées polonaises et présente au Moyen-Orient s’appelait l’Armée polonaise au Moyen-Orient (WPnŚW) et fut initialement formée en Égypte puis en Palestine. En 1942, le général Władysław Sikorski approuva le plan de fusion de WPnŚW et II Corps Rifle (séparé de WPnŚW) de Perse, évacué par l’armée polonaise en URSS, pour créer l’armée polonaise en l’Est (APW). Son commandant, qui sera plus tard commandant du IIe Corps polonais, était le général Władysław Anders.

La maladie, la malnutrition et l’épuisement dû à l’esclavage de ceux qui ont survécu aux camps soviétiques, les blessures sur les champs de bataille de Libye et d’Égypte et les accidents habituels signifient que tous les soldats polonais n’ont pas quitté la Terre Sainte. Les restes de 351 officiers polonais, sous-officiers et soldats de différentes unités sont enterrés dans huit cimetières militaires et civils en Terre Sainte.

Les photos présentées dans l’exposition proviennent d’albums photo de la congrégation religieuse française des Pères du Sacré-Cœur de Jésus, SCJ, également connus comme « pères de Bétharram » du nom du village – dans le Pays-Basque français, non loin de Lourdes – dans lequel la congrégation fut fondée au 19e siècle.

Les pères de Bétharram furent en charge du Grand Séminaire du Patriarcat Latin de Jérusalem, situé à Beit Jala. Ils avaient aussi une maison d’études et de retraite spirituelle non loin du monastère trappiste de Latroun. C’est près de cette maison que les photos ont été prises. La maison était située à côté du village palestinien d’Amwas – l’une des emblèmes bibliques – au sommet de la dernière colline des montagnes de Judée, en direction de l’ouest, vers la Shephela biblique. C’est dans cette plaine que les Britanniques ont installé un camp de tentes pour accueillir l’armée polonaise. Les Britanniques eux-mêmes ont gardé un fort en face du monastère de Latroun.

Les images sont de petits tirages collés aux pages d’album. Aucun négatif n’a été trouvé. Les images que vous pouvez voir dans l’exposition en sont des images haute-définition. La qualité est inférieure en raison du manque de négatifs. Le photographe qui a pris les photos était un homme religieux français, Pierre Médebielle. Les images sont stockées dans deux albums distincts. Le premier appartenait à un certain « frère Jacques », père de Bétharram. Il est visible sur les photos comme une figure religieuse barbu parmi les soldats (par exemple au centre du groupe, SCJ, 0473). Le père Médebielle le plaçait souvent dans ses photographies et lui offrait en cadeau des estampes.

Les deux albums, à partir desquels les photos ont été prises, ont été rendus disponibles pour numérisation fin 2015 par le père Felet, SCJ, de la communauté Bétharram à Bethléem, où tous les albums sont conservés.