Trois étudiants reviennent sur leur semestre à Jérusalem

Doctorants en thèse ou en fin d’études de théologie biblique et d’exégèse, Nathalie, le Père Stéphane et le Père Martin ont vécu et étudié à l’École biblique d’octobre 2016 à fin janvier 2017. Résidents de l’École et utilisateurs de notre bibliothèque de recherche, ils nous expliquent leurs démarches et les fruits de leur séjour.


IMG_3496Le P. Stéphane Blin, prêtre depuis bientôt 10 ans, originaire du diocèse de Nantes, est en 2ème année de Master d’Écriture Sainte à l’Institut Catholique de Paris. Il travaille sur « la signification du glaive dans la péricope de la prophétie de Siméon à Marie (Luc 2, 35) ».

  • Pourquoi être venu à l’École biblique ?

C’est à la fois la perspective d’être à Jérusalem, dans le berceau historique du judaïsme et du christianisme, l’idée de pouvoir me familiariser avec le pays pour plus tard y revenir avec des pèlerinages de mon diocèse qui m’attirait, mais aussi le fait de vivre avec d’autres biblistes et chercheurs, ce dont je ne profitais pas à Paris. J’étais heureux de pouvoir m’immerger dans ce cadre biblique.

  • Qu’étudiiez-vous à l’École ?

Je suivais le cours de topographie et d’histoire du Proche-Orient ancien du mardi avec fr. Dominique-Marie Cabaret OP, les cours d’hébreu et de grec ancien du fr. Marc Leroy OP et Christophe Rico. J’ai aussi profité des cours du fr. Étienne Nodet OP sur l’Église primitive et ses courants du Ier siècle.

  • Qu’avez vous apprécié sur place pour vos recherches ?

La bibliothèque est un atout précieux de l’École biblique. J’ai vraiment profité du fait d’y avoir un accès facile, permanent et optimal, ce sont des conditions très propices à un travail scientifique et de longue durée. L’ambiance est stimulante pour le travail. Ça a aussi servi mon rapport à la Bible, mon ouverture aux écritures, de fréquenter des chercheurs dans d’autres domaines. Par exemple, Mathieu Beaud, qui travaille comme historien de l’art pour le programme Bible en Ses Traditions et qui me parlait de mon sujet dans le domaine iconographique.

Vivre à Jérusalem est aussi une occasion de s’ouvrir à l’universalité de l’Église, avec les Églises locales…c’est un éveil que je ne cherchais pas spécialement en venant mais qui m’a rejoint. On profite aussi d’un cadre particulièrement agréable et d’une vie fraternelle nourrissante.




Portrait Nathalie Derore-Martin
Nathalie Derore-Martin, en deuxième année de thèse à l’Institut catholique de Paris sous la direction d’Olivier Artus, réalise un doctorat en Écriture Sainte. Elle travaille sur «les questions identitaires et l’ironie dans les chapitres 3 et 4 du premier épître de St Paul aux Corinthiens». Elle est aussi chargée de travaux dirigés en théologie à la Catho et a derrière elle 26 ans de carrière comme professeur de lettres classiques en zones d’éducation prioritaire.

  • Pourquoi être venue à l’École biblique ?

J’avais déjà réalisé le 2nd semestre en 2015, j’ai voulu venir terminer mon cycle, notamment pour profiter du cours de topographie mais aussi pour mon travail de thèse. À l’origine, j’avais entendu parler de l’École biblique par des étudiants de l’ICP et j’avais été encouragée par mon directeur de thèse à y aller. J’avais un vrai désir d’être sur le terrain, sur les traces de Saint Paul, de mieux réaliser les problèmes de l’Église primitive ici. Je suis aussi venue pour développer mes compétences en grec ancien à l’université Polis de Jérusalem et avec Christophe Rico (enseignant de l’École, ndlr), afin de mieux comprendre sa méthode, étant moi-même enseignante de grec biblique à Paris.

  • Qu’étudiiez-vous à l’École ?

Je suivais le cours du fr. Étienne Nodet OP sur les Églises primitives, le cours de Christophe Rico sur le grec dans le 4ème Évangile, le cours de topographie du fr. Dominique-Marie Cabaret OP, le séminaire Archéologie et Bible animé par Rosemary Le Bohec, fr. Lukasz Popko OP et Dominique-Marie Cabaret OP J’étais aussi élève du fr. Jorge Vargas OP en hébreu biblique et je suivais les cours de Grec II et Grec III. C’était en réalité très intense, à la réflexion j’aurai peut-être dû me restreindre un peu dans mes choix pour avoir plus de temps pour ma recherche… il y a trop de choix ! 

  • Qu’avez vous apprécié sur place pour vos recherches ?

J’ai vraiment pu profiter de la souplesse d’accès de la bibliothèque, de la proximité des professeurs, des échanges fructueux avec les visiteurs et les étudiants. Il y a toujours des chercheurs dont les sujets recoupaient le mien, tant sur le Nouveau testament que plus particulièrement sur Saint Paul. C’est unique d’avoir son bureau pour soi dans une bibliothèque si fournie. J’ai aussi apprécié la bonne ambiance interne qui permet des temps de détente et de partage, ça donne aussi du courage pour travailler.

Indirectement, la topographie m’a beaucoup apporté pour certaines choses : j’avais besoin pour ma recherche de comprendre les distances entre les lieux, les tensions à l’époque, la durée des navigations pour Saint Paul par exemple…

 

 


Portrait P. Martin GuyotLe Père Martin Guyot est prêtre depuis un peu plus de 2 ans, incardiné dans le diocèse de Versailles, il est membre de la communauté de l’Emmanuel. Il termine cette année sa licence canonique en Écriture Sainte de l’Institut Biblique Pontifical de Rome (Biblicum), conclue par un semestre à Jérusalem.

  • Pourquoi être venu à l’École biblique ?

Je tenais à passer par Jérusalem pendant mes études. Le partenariat avec le Biblicum concernait le dernier semestre d’études, ce qui, pour diverses raisons, me convenait parfaitement. Je dois aussi avouer qu’après 2 ans à Rome j’étais heureux de pouvoir à nouveau me former en français !

Je cherchais surtout l’aspect archéologique de la Terre sainte, le fait d’être sur place et de pouvoir accéder aux chercheurs, à ceux qui fouillent et connaissent les dossiers ici, plutôt que dans une salle de classe à Rome… Je voulais profiter de cette approche systématique du pays sur une longue durée, pouvoir revoir les lieux seul, les faire visiter aux gens de passage, c’était important pour moi. 

  • Qu’étudiiez-vous à l’École ?

Je suivais un cours intitulé Un ‘‘Livre des Quatre’’ » précurseur des douze petits prophètes, études sur Osée, Amos , Michée et Sophonie donné par fr. Marc Leroy OP, le cours sur le Livre des Juges de fr. Martin Staszak OP, un cours sur La confession des péchés dans l’Ancien Testament donné par le P. Maurice Gilbert SJ, un cours du fr. Anthony Giambrone OP intitulé Luke-Acts in the Context of Greco-Roman Historiography, le cours de topographie et d’introduction à l’histoire du Proche-Orient du fr. Dominique-Marie Cabaret OP, un séminaire sur l’archéologie de Qumrân donné par le fr. Jean-Baptiste Humbert OP et enfin le séminaire du fr. Cabaret sur l’urbanisme de Jérusalem.

  • Qu’avez vous apprécié sur place pour vos recherches ?

J’ai profité de la bibliothèque, évidemment. J’ai eu des cours parfois plus prenants que ce que je pensais mais encore une fois j’ai vraiment apprécié de pouvoir dialoguer avec les chercheurs…voir les personnes directement, en face de soi, c’est un avantage incomparable. Certains archéologues attendent qu’on leur pose des questions compliquées sur leurs recherches du moment, on vit cela à travers un vrai séminaire donc ils acceptent qu’on remette en cause leurs nouvelles théories, à notre niveau c’est une chance.

J’ai aussi, bien sûr, savouré le cadre de vie. Être en plein cœur de Jérusalem, à 5 min à pied du Saint Sépulcre mais dans un grand parc, avoir le soutien spirituel d’un couvent dominicain et d’un groupe d’étudiants d’âges et d’horizons variés c’est appréciable, ça vaut vraiment le coup !

Les commentaires sont fermés.