Présentation rapide du fonds de plaques de verre

En cent vingt ans d’existence, l’École biblique a accumulé un fonds photographique important. Dès 1890, les excursions, explorations, missions épigraphiques et archéologiques ont entraîné une couverture photographique dont la destinée première était l’illustration des publications : la Revue biblique et les monographies. Avec le recul du temps, l’intérêt du fonds s’est déplacé, de la démonstration, un peu positiviste, des hypothèses de travail bibliques et historiques, à une documentation tous azimuts, dépassant de loin les projets éditoriaux qui en furent l’étincelle. Aujourd’hui, avec les énormes changements vécus par le Proche-Orient, le fonds présente un intérêt documentaire insoupçonné. Certains clichés, surtout ceux d’avant 1914, sont devenus des témoins uniques de monuments architecturaux ou épigraphiques disparus, détruits ou volés. Quant au témoignage sur les paysages urbains et agricoles de la Palestine Ottomane, de la Transjordanie, du nord de l’Arabie…, il est tout aussi digne d’attention.

Le fonds ancien contient entre 15 000 et 18 000 plaques de verre, les deux tiers sont des négatifs, le restant des positifs en verre pour projection — ces derniers étant la plupart du temps la duplication des négatifs. Ainsi, c’est sur environ 12 500 verres originaux qu’il faut compter, de formats divers, incluant de nombreux stéréoscopiques, et de rares et précieux autochromes. Il y a peu de tirages-papier anciens de nos verres, mais nous avons de beaux tirages albumen venant de collections commerciales d’avant 1914, comme les Bonfils. Ils sont intégrés dans la numérisation générale, étant livres de Droits.

Nous procédons à l’exploitation numérique des clichés par le biais des verres, dont le degré de conservation est remarquable. Des albums de contacts permettent une consultation rapide d’environ la moitié de la collection.

La zone couverte par le fonds ancien correspond aux voyages et excursions que l’École et ses professeurs menaient autrefois dans un Proche-Orient aux frontières moins rigides qu’aujourd’hui. C’est ainsi qu’en plus de la Palestine historique on trouve la Transjordanie, la Syrie, le Liban, l’Arabie (Hejaz Nord), Chypre, un peu d’Égypte ou d’Iraq du Nord…

Trois donations ont enrichi le fonds ancien : le dépôt de 1.  565 plaques de verre de la collection des Pères Assomptionnistes français de Notre-Dame (Jérusalem), commençant en 1896.

Puis, 700 contacts moyen format d’un Père dominicain espagnol, photos datant de son séjour comme élève à l’École entre 1929 et 1931.

Et, récemment 550 petits négatifs stéréoscopiques couvrant la période 1908-1909, offerts par le petit-fils d’un étudiant laïc de 1908, Jules Prickartz – lequel fut professeur d’orientalisme à Liège (Belgique) ; en ôtant ce qui est familial, il reste 265 de ses négatifs qui sont intégrés dans le fonds numérisé. Les donations des anciens élèves sont les bienvenues !

Le fonds contemporain, postérieur à 1945, est constitué de milliers de négatifs souples, de moyen ou petit format, avec apparition de la couleur (diapositives 24 x 36). Délaissant le recours à la photographie pendant les excursions, en raison de sa banalisation, les professeurs ont surtout illustré leurs chantiers archéologiques.

Ainsi en est-il du site de Qumrân (manuscrits de la mer Morte), mais aussi de Tell el-Far‘ah (ancienne capitale du Royaume du Nord aux temps bibliques), de Tell Keisân (en Galilée), de Khirbet Samra (bourg romain et byzantin en Jordanie), de Mafraq el-Fedein (forteresse araméenne puis omeyyade, en Jordanie), de la Citadelle d’Ammân (Jordanie), de Gaza (Territoires palestiniens), où trois sites sont fouillés, et récemment, du Tombeau des Rois à Jérusalem.