Dès sa fondation, l’École biblique avait compris que l’archéologie devait être le modérateur de l’exégèse moderne qu’elle entendait promouvoir. L’exégèse de la Bible était pratiquée partout, presque toujours en bibliothèque, dans les disciplines de l’herméneutique des textes. De nos jours, pour comprendre le texte sa lecture seule ne suffit pas. Si la Bible est un document littéraire, nous savons que ses auteurs anciens avaient une vision du monde différente de la nôtre, et son sens en dépend. L’exégèse doit tenir compte de la reformulation des anthropologies antiques des pays de la Bible dans un projet interdisciplinaire. Le terreau de la Bible est aujourd’hui constitué de la science des langues anciennes, de l’épigraphie, de l’iconographie, de l’histoire, de l’archéologie. Les sciences dites dures sont un auxiliaire.

L’archéologie à l’École est constitutive de la méthode exégétique en se démarquant avec fermeté d’une « archéologie biblique » confessionnelle, dont le but déclaré est de fournir des preuves matérielles de la véracité historique de la Bible. L’École a depuis ses débuts pratiqué une archéologie strictement scientifique et de première main : la pratique des fouilles, source de prestige, place les institutions en première ligne, mais le but ultime recherché est moins dans les résultats obtenus que dans la nécessité de critiquer la méthode et comprendre comment les interprétations ont été conçues et pourquoi elles évoluent. L’éclairage jeté sur les textes en dépend.

L’École élabore des programmes de recherches préalables aux projets de fouilles. Les thèmes abordés depuis 1970 ont été :

1) – Les influences égéennes sur la Palestine pendant la période du Fer I.

2) – Le mouvement araméen en Transjordanie du Nord pendant la période du Fer II.

3) – Christianisation et islamisation dans la Province d’Arabie.

4) – Gaza comme fenêtre le l’Arabie sur la Méditerranée : 1000 av. J.-C. – 1000 ap. J.-C.

Les campagnes de fouilles alternent avec les périodes de recherches, où des équipes compétentes sont rassemblées selon les thèmes définis. Les équipes sont internationales, dans le cadre de participations aux travaux de chercheurs confirmés comme des doctorants ou étudiants avancés. Les boursiers de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres prolongent habituellement leur séjour en menant à terme un sujet précis.

L’École assume cependant la publication des résultats des travaux entrepris et vise à des éditions de qualité. Le potentiel à publier est abondant et varié et constitue un pôle d’attraction exceptionnel pour des chercheurs de tout bord.