Jeudis de l’ÉBAF, Mettre Theudas à sa place : des anachronismes dans l’interprétation d’un anachronisme ancien

Jeudi 26 février a eu lieu la conférence du fr. Anthony Giambrone, op, professeur de Nouveau Testament à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem : Putting Theudas in His Place (Acts 5:34–39): Anachronisms in the Interpretation of an Ancient Anachronism.

Dans le discours de Gamaliel, un certain Theudas est évoqué pour inviter le Sanhédrin à la prudence face aux apôtres (Ac 5, 34-39), les historiens ont depuis longtemps relevé une tension chronologique : la figure de Theudas apparaît chez Flavius Josèphe à une époque qui semble postérieure à celle du récit lucanien.

Par delà la difficulté historique, comment cette question a-t-elle été formulée au fil des siècles et dans quelle mesure certaines lectures modernes projettent sur les textes bibliques des attentes historiographiques qui ne correspondent pas aux pratiques antiques. Où se situe l’« anachronisme » ?

Dans l’interprétation ou dans le texte lui-même? En replaçant le passage dans le contexte de la culture littéraire et historiographique du Ier siècle, le fr. Anthony a montré comment l’auteur des Actes utilisait des figures connues de mouvements messianiques pour élaborer une argumentation narrative et théologique.

L’épisode de Gamaliel est alors apparu moins comme une erreur de chronologie que comme un élément rhétorique destiné à situer le mouvement chrétien naissant dans l’histoire religieuse d’Israël et à en suggérer le discernement : ce qui vient de Dieu ne peut être détruit.

Nous avons été très heureux d’accueillir parmi nous à cette occasion le Maître de l’Ordre des Prêcheurs, le frère Gerard Francisco Timoner III, venu de Rome pour une visite canonique.

Aucune vidéo de cette conférence ne sera publiée, car elle constitue la base d’un article à paraître prochainement dans une revue universitaire.

Je soutiens l’ÉBAF: je fais un don ici