« LA TOPOGRAPHIE DE LA JERUSALEM ANTIQUE », LE LIVRE ATTENDU DU FR. DOMINIQUE-MARIE CABARET

Vient de paraitre aux Éditions Peeters dans la collection des Cahiers de la Revue Biblique (Series archaeologica), le très attendu compte rendu des recherches du Fr. Dominique-Marie Cabaret sur l’urbanisme antique de Jérusalem, de l’époque hasmonéenne au règne de l’empereur Hadrien. Il s’agit d’un doctorat (PhD), mais révisé et augmenté, défendu le 9 février 2019 à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne sous la direction du professeur François Villeneuve.

L’enquête est partie d’un constat déjà défendu par Y. Blomme, un ancien élève de l’École biblique (Revue Biblique 1979) : le style architectural de l’arc de l’Ecce Homo, qui enjambe la via dolorosa dans la vieille ville, ne renvoie pas à Hadrien selon l’opinion reçue, mais à Hérode. La prise en compte de l’hypothèse permet à l’auteur de bouleverser la vision de la Jérusalem antique. En s’appuyant sur les meilleurs plans et photos satellites, il met en lumière l’arpentage antique ayant présidé il y a deux milles ans au développement de l’actuelle vieille ville [1]. Les quartiers ont été fondés par les rois hasmonéens au 2e s. av. J-C et la place de la Porte de Damas s’ouvrait en agora. Au nord du Temple, Hérode a loti un quartier pour y mettre un théâtre et son quadriportique. L’arc de l’Ecce Homo retrouve son attribution de porte hérodienne, percée dans le Deuxième mur de la ville. L’ambitieux petit-fils Hérode Agrippa a déployé la ville au nord et le Tombeau des Rois y a trouvé sa place. Tout a été remanié après la destruction du Temple pour l’implantation intra-muros de la Dixième Legio Fretensis. Jérusalem a été embellie par Hadrien qui en fit une colonie romaine pour y célébrer son propre culte et celui de Jupiter, en place du Saint-Sépulcre, et sur une plate-forme sacrée, de l’ancien Temple juif, a trôné la statue équestre d’Hadrien.

On suit l’auteur avec une curiosité accrue au fil de la lecture. Le bilan s’offre comme une recherche audacieuse. Elle ravive un débat qui s’annonce fécond. On ne saurait trop recommander ce livre – aux explications techniques abordables même pour un néophyte – à qui s’intéresse à l’histoire de la Jérusalem antique.

[1] L’auteur doit beaucoup aux travaux de G. Thébaud, archéologue et ingénieur topographe qui vient aussi de défendre une brillante thèse de doctorat sur l’arpentage antique de Dura-Europos à l’Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne.