PRÉSENTATION DU DERNIER LIVRE DE VINCENT LEMIRE À L’ÉCOLE BIBLIQUE

Vincent Lemire, directeur du CRFJ (Centre de recherche français à Jérusalem), est venu présenter son dernier livre, Au pied du Mur, à l’École biblique à l’occasion de l’un des jeudis de l’EBAF. Sa conférence « Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967) : Quand les archives bouleversent l’histoire » retrace l’histoire de ce quartier situé devant le mur occidental de l’Esplanade des Mosquées / Mont du Temple, à l’emplacement du parvis qui s’étend aujourd’hui au pied du Mur des Lamentations.

Regarder l’enregistrement de la conférence.

« Les archives n’ont pas été produites pour faire de l’histoire, les archives servent d’abord à affirmer des droits. »

C’est avec ce constat que Vincent Lemire commence sa conférence durant laquelle il nous présente quelques-uns des documents d’archives qu’il a croisés et qui lui permettent de relater l’histoire de ce quartier.

L’acte de fondation du Waqf Abû Madyan en 1320, ou une quittance de paiement de la Custodie aux « Magravinos » de 1787 racontent l’histoire de la gestion de ce quartier dont les habitants vivaient des revenus agricoles du village d’Ein Karem. Une lettre d’Albert Antébi de 1913 illustre le destin tragique de ce quartier qui, étant placé devant la muraille hérodienne devenue un sanctuaire juif au XVIe siècle, suscite la convoitise d’associations sionistes qui tentent d’agrandir le lieu de prière juif en rachetant le quartier. Ce sont donc différents documents d’archives qui nous sont présentés jusqu’à la destruction du quartier maghrébin dans la nuit du 10 au 11 juin 1967. Mais les archives ne s’arrêtent pas là : les habitants du quartier ont été expulsés mais vivent toujours à Jérusalem, la question de leur indemnisation s’est posée et aujourd’hui, c’est l’enjeu de l’archéologie qui émerge, avec la prochaine mise en tourisme des sites archéologiques situés sous le parvis.

Cette conférence était également l’occasion de présenter le projet www.openjerusalem.org avec la participation de deux membres du projet, Stéphane Ancel, spécialiste de l’Église éthiopienne, et Maria-Chiara Rioli, spécialiste  des réfugiés en Palestine et des communautés latines de Jérusalem. L’objectif de ce projet, créé en 2014 et financé par la Commission européenne (ERC), était, non seulement, d’ouvrir les archives de Jérusalem (disponibles en plusieurs langues et alphabets et parfois difficilement accessibles), mais aussi de faire dialoguer entre eux ces documents d’archives. Aujourd’hui, le projet Open Jerusalem ce sont 60 chercheurs impliqués dans une quinzaine de pays et une douzaine de langues. Ce sont aussi environ 80 institutions de conservations impliquées, et 39 000 unités documentaires indexées, décrites et librement accessibles en anglais via cette base de données.

Le projet a également donné lieu à la publication de cinq livres dont Le moine sur le toit de Stéphane Ancel et Vincent Lemire ou A Liminal Church  de Maria-Chiara Rioli, dans la collection Open-Jerusalem aux éditions Brill.    

De gauche à droite : Stéphane Ancel, Maria-Chiara Rioli et Vincent Lemire

Question de M. René Troccaz, Consul Général de france à Jérusalem

Les trois conférenciers