Régis Burnet et l’histoire de la réception

Lorsqu’il était encore étudiant à l’École Normale Supérieure, Régis Burnet a réussi à concilier son travail de normalien et son intérêt pour la Bible en travaillant sur les épîtres de Saint Paul en grec. Il a ensuite enseigné en ateliers d’écriture dans des IUT, avant de devenir professeur de Nouveau Testament à l’Université Catholique de Louvain. Régis Burnet est également présentateur d’une émission de réflexion sur la foi pour la chaîne KTO depuis 2006. Cet attrait pour les textes bibliques, qui ne l’a pas quitté depuis ses années d’études, l’a conduit à demander une année sabbatique à son université, pour se consacrer à l’écriture de son vingtième livre[1].

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille en ce moment sur l’histoire de la réception des textes bibliques, à travers les œuvres d’art. C’est-à-dire comprendre, d’après les représentations qu’on en a faites, comment différents passages ou différentes personnalités de la Bible ont été interprétés dans l’histoire, et comment et pourquoi cette interprétation a pu évoluer depuis.

En quoi est-ce important ?
Parce qu’on croit toujours arriver sans préjugés sur les textes que l’on aborde ; or, nous sommes imprégnés des œuvres qu’on connaît et qui nous influencent dans la compréhension de ces textes. Prendre conscience de ces préjugés nous permet de nous en détacher et d’aborder le texte de façon plus neutre, ou plus personnelle.

L’Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634

Le texte est un miroir, mais un miroir partiel. On le lit d’après nos codes et notre histoire, et l’étudier de cette façon nous fait nous poser la question de pourquoi le texte était interprété de telle ou telle manière à une certaine époque, et pourquoi nous l’interprétons personnellement, aujourd’hui, d’une autre façon. Sans remettre en cause le fait que le texte parle à chacun de manière personnelle, cela nous aide seulement à comprendre et à remettre en question nos propres clefs de compréhension, et donc à pousser plus loin notre réflexion.

Je pense par exemple à l’attitude de Thomas lorsque les disciples lui disent avoir vu le Christ ressuscité ; depuis le V-VIème siècle, on ne peut lire le texte que comme une condamnation de Thomas, qui aurait dû croire sans voir. Mais auparavant, le texte était lu comme Thomas qui doute non pas sur le fait que les autres disciples aient vu quelque chose, mais sur ce qu’ils ont vu.

Pourquoi être venu un mois à l’École biblique pour ce travail ?
D’abord parce que j’aime Jérusalem et que c’est un lieu particulier pour travailler sur les textes bibliques ! Par ailleurs, j’ai connu l’École en travaillant sur l’histoire de la réception pour la BEST (La Bible en ses Traditions) avec Fr. Olivier-Thomas Venard. L’École biblique est au cœur de l’histoire de la réception et regorge de savants qui creusent les différents textes de la Bible, et les conversations avec eux sont donc très intéressantes, pour moi et pour faire avancer mon travail.
Par ailleurs la bibliothèque de l’École, calme, belle et bien fournie est un lieu ou il fait bon travailler !

Et ensuite ?
Pour l’instant, je remercie beaucoup l’université de Louvain qui m’a donné l’opportunité de prendre cette année pour travailler sur mon livre. J’espère avoir terminé le manuscrit à la fin de l’année scolaire, puis je continuerai les cours sur le Nouveau Testament, jusqu’à ma retraite… pendant laquelle je reprendrai peut être les ateliers d’écriture que j’ai beaucoup aimé donner au début de ma carrière, édifié par ce que les étudiants étaient capables de produire, et par leur fierté de voir leurs créations !

[1]. Voir en particulier Épître et Lettres (Cerf : 2003), Marie-Madeleine de la pécheresse pardonnée à l’épouse de Jésus (Cerf : 2004), L’Égypte ancienne à travers les papyrus(Pygmalion : 2007) ; L’Évangile de la trahison, une biographie théologique de Judas (Seuil : 2007) ; Les Douze Apôtres (Brepols : 2013) ; Que celui qui ne travaille pas ne mange pas (Cerf : 2015).



Régis Burnet et l’histoire de la réception

Lorsqu’il était encore étudiant à l’École Normale Supérieure, Régis Burnet a réussi à concilier son travail de normalien et son intérêt pour la Bible en travaillant sur les épîtres de Saint Paul en grec. Il a ensuite enseigné en ateliers d’écriture dans des IUT, avant de devenir professeur de Nouveau Testament à l’Université Catholique de Louvain. Régis Burnet est également présentateur d’une émission de réflexion sur la foi pour la chaîne KTO depuis 2006. Cet attrait pour les textes bibliques, qui ne l’a pas quitté depuis ses années d’études, l’a conduit à demander une année sabbatique à son université, pour se consacrer à l’écriture de son vingtième livre[1].

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille en ce moment sur l’histoire de la réception des textes bibliques, à travers les œuvres d’art. C’est-à-dire comprendre, d’après les représentations qu’on en a faites, comment différents passages ou différentes personnalités de la Bible ont été interprétés dans l’histoire, et comment et pourquoi cette interprétation a pu évoluer depuis.

En quoi est-ce important ?
Parce qu’on croit toujours arriver sans préjugés sur les textes que l’on aborde ; or, nous sommes imprégnés des œuvres qu’on connaît et qui nous influencent dans la compréhension de ces textes. Prendre conscience de ces préjugés nous permet de nous en détacher et d’aborder le texte de façon plus neutre, ou plus personnelle.

L’Incrédulité de saint Thomas, Rembrandt, 1634

Le texte est un miroir, mais un miroir partiel. On le lit d’après nos codes et notre histoire, et l’étudier de cette façon nous fait nous poser la question de pourquoi le texte était interprété de telle ou telle manière à une certaine époque, et pourquoi nous l’interprétons personnellement, aujourd’hui, d’une autre façon. Sans remettre en cause le fait que le texte parle à chacun de manière personnelle, cela nous aide seulement à comprendre et à remettre en question nos propres clefs de compréhension, et donc à pousser plus loin notre réflexion.

Je pense par exemple à l’attitude de Thomas lorsque les disciples lui disent avoir vu le Christ ressuscité ; depuis le V-VIème siècle, on ne peut lire le texte que comme une condamnation de Thomas, qui aurait dû croire sans voir. Mais auparavant, le texte était lu comme Thomas qui doute non pas sur le fait que les autres disciples aient vu quelque chose, mais sur ce qu’ils ont vu.

Pourquoi être venu un mois à l’École biblique pour ce travail ?
D’abord parce que j’aime Jérusalem et que c’est un lieu particulier pour travailler sur les textes bibliques ! Par ailleurs, j’ai connu l’École en travaillant sur l’histoire de la réception pour la BEST (La Bible en ses Traditions) avec Fr. Olivier-Thomas Venard. L’École biblique est au cœur de l’histoire de la réception et regorge de savants qui creusent les différents textes de la Bible, et les conversations avec eux sont donc très intéressantes, pour moi et pour faire avancer mon travail.
Par ailleurs la bibliothèque de l’École, calme, belle et bien fournie est un lieu ou il fait bon travailler !

Et ensuite ?
Pour l’instant, je remercie beaucoup l’université de Louvain qui m’a donné l’opportunité de prendre cette année pour travailler sur mon livre. J’espère avoir terminé le manuscrit à la fin de l’année scolaire, puis je continuerai les cours sur le Nouveau Testament, jusqu’à ma retraite… pendant laquelle je reprendrai peut être les ateliers d’écriture que j’ai beaucoup aimé donner au début de ma carrière, édifié par ce que les étudiants étaient capables de produire, et par leur fierté de voir leurs créations !

[1]. Voir en particulier Épître et Lettres (Cerf : 2003), Marie-Madeleine de la pécheresse pardonnée à l’épouse de Jésus (Cerf : 2004), L’Égypte ancienne à travers les papyrus (Pygmalion : 2007) ; L’Évangile de la trahison, une biographie théologique de Judas (Seuil : 2007) ; Les Douze Apôtres (Brepols : 2013) ; Que celui qui ne travaille pas ne mange pas (Cerf : 2015).



Frère Pierre de Marolles — Lire l’Apocalypse sans peur

Après avoir servi deux ans comme prieur du couvent de Genève, le frère Pierre de Marolles est assigné désormais à Jérusalem pour poursuivre sa recherche doctorale consacrée au livre de l’Apocalypse. Né à Versailles et ayant passé une partie de son enfance en Suisse, il a d’abord étudié les mathématiques avant d’entrer dans l’Ordre des Prêcheurs. Son parcours spirituel et intellectuel l’a conduit des favelas du Brésil aux amphithéâtres de l’Université de Fribourg, puis aux bibliothèques de Louvain-la-Neuve et de Genève. Sa thèse explore la manière dont le mystérieux « livre scellé de sept sceaux » (Ap 5) a été interprété au fil des siècles. Rencontre avec un exégète passionné par la vie des textes et leur fécondité pour la foi.

Frère Pierre, peux-tu présenter le thème de ta thèse sur l’Apocalypse et ce qui t’a attiré vers ce livre particulier ?
Je savais depuis longtemps que j’allais travailler sur le livre de l’Apocalypse de Jean. C’est un texte qui m’a toujours intrigué. Ce qui est étonnant, c’est qu’il est à la fois très célèbre et pourtant profondément méconnu. Tout le monde croit savoir ce qu’il contient — les cavaliers, les trompettes, la fin du monde… — alors qu’en réalité, bien peu le lisent vraiment. L’Apocalypse exerce une forme de fascination, mais souvent pour de mauvaises raisons.

Donc tu veux réhabiliter un livre un peu mal compris…
Exactement. Tant de croyants pourraient y trouver de vrais trésors pour leur foi. C’est un texte d’une puissance théologique et artistique immense. Pourquoi continuer de nous priver du livre qui a inspiré les mosaïques des basiliques de Rome, les tapisseries du château d’Angers et le retable de l’Agneau mystique de Gand ?

Mais comment est venue l’idée d’en faire une thèse ?
Elle a mûri alors que je travaillais pour mon mémoire de master sur un commentaire ancien. À ce moment-là, j’ai rencontré Régis Burnet, professeur de Nouveau Testament à Louvain-la-Neuve, spécialiste de l’histoire de la réception des textes bibliques. À l’époque, il commençait à s’intéresser plus particulièrement à l’Apocalypse, et j’ai tout de suite su que ce serait un bon directeur de thèse. Comme j’étais alors à Zurich, nous avons imaginé une cotutelle avec la faculté de théologie de Genève, sous la direction d’Anne-Catherine Baudoin. Ensemble, nous avons choisi d’étudier comment l’image du « livre scellé de sept sceaux », au chapitre 5, a été interprétée à travers les siècles.

Ce « livre aux sept sceaux »… On dirait presque un titre de roman !
C’est vrai, il a quelque chose de mystérieux. Et il a fasciné les lecteurs pendant deux millénaires. Pour ne pas me perdre dans immensité des commentaires écrits à son sujet, j’ai choisi de me concentrer sur trois auteurs : Victorin de Poetovio, évêque au IIIᵉ siècle ; Joachim de Flore, abbé calabrais du XIIᵉ siècle ; et Heinrich Bullinger, théologien protestant du XVIᵉ siècle. Trois époques, trois mondes intellectuels, trois manières très différentes d’interpréter le même texte.

Peux-tu expliquer ce qu’est l’histoire de la réception, cette approche que tu utilises ?
L’histoire de la réception s’intéresse à la vie d’un texte après sa rédaction : comment il a été lu, compris, commenté, illustré, traduit… C’est une manière passionnante d’étudier la Bible, parce qu’elle montre comment la Parole a continué de résonner dans l’histoire. Là où la méthode historico-critique cherche à remonter vers le passé du texte — son contexte, sa composition —, l’histoire de la réception observe son avenir. Comme le disait Paul Ricœur, c’est une fois qu’il est achevé qu’un texte commence vraiment à vivre.

Et pour l’Apocalypse, cette « vie du texte » est particulièrement mouvementée, n’est-ce pas ?
Absolument. Si aujourd’hui beaucoup y voient un scénario de fin du monde, c’est parce que notre lecture a été façonnée par certaines traditions modernes, notamment issues du protestantisme évangélique. Mais dans l’Antiquité ou au Moyen Âge, l’Apocalypse était lue tout autrement : non pas comme un récit de peur, mais comme une vision de la joie céleste dans laquelle l’Église est déjà appelée à entrer. Parcourir cette histoire, c’est aussi apprendre à se libérer de nos propres préjugés pour redécouvrir la richesse du texte.

Parmi les auteurs que tu étudies, lesquels t’ont le plus étonné ?
Le premier, Victorin de Poetovio, donne une explication du chapitre 4 de l’Apocalypse que je trouve géniale. Il interprète les quatre Vivants autour du trône, le lion, le bœuf, l’homme et l’aigle, comme les quatre Évangiles, et les vingt-quatre Anciens comme les livres de l’Ancien Testament. Comme les quatre Vivants ont autant d’ailes qu’il y a d’Anciens, il explique que les Évangiles, pour « voler » dans le monde, ont besoin de l’élan prophétique de l’Ancien Testament, et que les livres de l’Ancien Testament, pour être « vivants », ont besoin de la lumière du Christ. C’est à la fois poétique et profondément théologique.

Et les deux autres ?
Joachim de Flore, au XIIᵉ siècle, contribue tout simplement à forger notre conception moderne de l’histoire en trouvant dans l’Apocalypse une prophétie des différents âges du monde. Quant à Bullinger, il écrit à Zurich pour consoler les exilés anglais qui fuient les persécutions. Pour lui, le livre scellé remis à l’Agneau représente les destinées du monde : autrement dit, tout est entre les mains du Christ, il ne faut pas avoir peur. Pour lui l’Apocalypse est donc un livre de consolation.

Ta thèse propose donc de relire l’Apocalypse comme une bonne nouvelle…
Oui, et plus encore : de montrer que l’histoire de la réception du texte nous aide à comprendre qu’il n’existe pas une seule manière de lire la Bible. On me demande parfois : « Très bien, mais à la fin, quelle est ta lecture ? » Comme si les lectures du passé n’avaient plus rien à nous dire ! Or, elles nous révèlent justement que la Bible n’est pas un code à décrypter une fois pour toutes, mais une source inépuisable d’inspiration.

Et cette approche change ta manière de croire ou de prêcher ?
Beaucoup. L’an dernier, à Genève, un paroissien m’a demandé de donner un cours sur les « textes difficiles » de la Bible. Nous avons lu ensemble des passages que l’on évite volontiers : Sodome et Gomorrhe, le sacrifice d’Abraham, la lapidation des adultères, ou encore l’anathème de Jéricho. Au lieu d’enchaîner les explications rassurantes pour dire que « ce n’est pas si terrible », j’ai préféré montrer comment ces textes avaient été compris et reçus à travers les siècles. Les participants ont découvert qu’ils n’étaient pas les premiers à se sentir déroutés devant ces textes, et qu’avant eux, des générations de croyants avaient cherché à y discerner la présence de Dieu. En contemplant cette longue histoire de lecture, ils ont perçu combien les textes les plus dérangeants peuvent devenir des lieux de révélation et de fécondité pour la vie de foi. Je crois que beaucoup sont ressortis de ce parcours émerveillés de tout ce que la Bible et sa tradition ont à offrir à ceux qui osent la lire vraiment …

L’entretien s’achève sur ce mot : émerveillement. Merci au frère Pierre d’avoir partagé ce regard vivant sur la Parole, et bonne continuation pour la suite de sa recherche à Jérusalem.

— Propos recueillis par le fr. Erik Ross

L’entretien ci-dessus a été initialement publié dans le bulletin de la province dominicaine de France, Prêcheurs, dans son numéro de novembre 2025.

Vous aussi, vous pouvez soutenir la recherche en Terre Sainte.



La Quête du Christ historique traduite en français

Pour son premier livre traduit en français, le frère Anthony GIAMBRONE, lui-même exégète, revient sur le contexte entourant la traduction de son livre intitulé : La Quête du Christ historique.

Quelle a été ton inspiration pour ce livre ?

« En vérité, le livre est un recueil de quinze articles différents que j’ai été invité à présenter lors de diverses conférences. À un certain moment, il est devenu évident qu’un ensemble plus ou moins cohérent de travaux émergeait et un éditeur m’a suggéré de rassembler les textes sous une seule couverture.

En ce qui concerne le thème spécifique du Jésus historique, c’est un sujet auquel j’ai réfléchi et sur lequel j’ai travaillé assez intensément depuis l’époque où j’étais étudiant en doctorat. En effet, j’ai été l’assistant de feu John P. MEIER, un géant incontestable dans ce domaine. J’ai beaucoup appris à ses côtés, mais je n’étais pas entièrement satisfait de son approche. Bon nombre des orientations fondamentales que j’explore dans ce livre ont commencé à s’affiner et à prendre forme lorsque j’ai commencé à travailler sur le projet du père MEIER ».


Comment la traduction française a été réalisé ?

« Le frère Renaud SILLY, o.p., a conçu toute l’opération. Après avoir découvert le livre et commencé à l’utiliser en classe, il a estimé qu’il serait utile de le présenter à un public francophone plus large. Pour diverses raisons, les discussions théologiques et exégétiques dans le monde anglophone ont pris des directions différentes de celles de la conversation en France, ce qui a fait de la traduction un projet passionnant, mais aussi un véritable défi conceptuel et culturel. Regis BURNET, qui a eu la générosité de rédiger la préface, a fait un bon travail en essayant d’atténuer et d’expliquer la secousse que certaines de mes hétérodoxies exégétiques (et non doctrinales) pourraient provoquer chez certains lecteurs : « Pour le lecteur francophone… une lecture déroutante » est sa première phrase. Mon propre style anglophone, que le frère Renaud a qualifié de « satire baroque décadente », a certainement posé un autre défi ; mais il a rassemblé de manière créative une équipe de traducteurs talentueux qui ont travaillé ensemble sous sa direction personnelle. Le contrat avec Les Belles Lettres est également entièrement de son fait, tout comme la tournée de conférences qu’il a organisée pour moi au début du mois de décembre afin de faire connaître l’œuvre en France. »

What do you hope readers will take away from your book?

« Mon intention explicite avec ce livre était de réfléchir plus profondément à la manière de relier une réflexion théologique sérieuse à ce que l’on appelle la « quête du Jésus historique ». En tant que tel, j’essaie de placer mes réflexions dans un endroit certes inhabituel, positionné – comme l’École elle-même – à un point médian équilibré entre l’académie et l’Église.

Une telle démarche herméneutique semble sans aucun doute rétrograde et complètement malheureuse pour les esprits historiographiques plus empiriques, mais mon intérêt n’est pas de faire de l’apologétique à bon marché. Ironiquement, le livre me semble même, loin d’être réactionnaire, s’inscrire dans une certaine continuité démontrable avec des travaux antérieurs dans ce domaine, à commencer par des figures majeures comme D. F. STRAUSS et Albert SCHWEITZER. Leurs interventions massives n’étaient pas l’exercice désengagé d’un pur idéal des Lumières de raison séculière « objective », mais portaient au contraire, dans chaque cas, un fardeau théologique ouvert et profond. Ainsi, d’une part, je souhaite légitimer une reconnaissance plus ouverte de ce que l’étude moderne de Jésus est réellement et a toujours été – pour le meilleur et pour le pire. D’autre part, j’espère également faire de la place à une variété de propositions plus ou moins innovantes qui, je pense, peuvent nous faire avancer dans de nouvelles directions prometteuses.

Beaucoup de chrétiens ont peur de ce genre de choses ou s’en désintéressent. Pourtant, la christologie, et donc notre confession chrétienne elle-même, est appauvrie et même irresponsable sans un engagement historique sérieux, je tiens à le dire. Cependant, je n’essaie pas de convaincre les non-croyants par de prétendues démonstrations historiques : je veux indiquer que la foi en la divinité de Jésus implique une confiance solide dans nos sources historiques, et que cette confiance, en vérité, n’exige pas de sacrificium intellectus, mais invite au contraire à un engagement très stimulant et sophistiqué de l’esprit humain. »

 

La Quête du Christ historique disponible en français.

 

Quels sont tes projets d’écriture futurs ?

« Il y en a trop. J’ai un autre manuscrit qui devrait paraître l’année prochaine : Common Doctor, Uncommon Exegesis : Reading Scripture in the School of Thomas Aquinas. Il sera suivi d’une édition grecque-anglaise des Apologistes. Entre-temps, j’ai rédigé un grand nombre d’articles et d’essais, et quelques autres livres sont en cours d’élaboration. »

 

Cliquez ici pour lire l’interview originale en anglais.

Pour l’offrir à Noël, procurez-vous un exemplaire de La Quête du Christ historique aux éditions Les Belles Lettres.




Les Amis de l’Ébaf

L’Association des Amis de l’ÉBAF

L’Association des amis de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (AAEBAF) est une association d’intérêt général. Son objectif est de maintenir vivant un lien entre l’École biblique et le réseau de ses nombreux amis et anciens élèves et de soutenir l’action de l’École.

Elle a été créée en 1971 grâce au soutien d’orientalistes de premier plan comme André Parrot, Jean Starcky, Henri Cazelles, Pierre Amiet, tous familiers de l’École biblique et désireux de favoriser son essor. Elle compte aujourd’hui 400 membres.

Son développement se poursuit aujourd’hui sous la conduite de son président, M. Alain Rémy, ancien ambassadeur et consul général de France à Jérusalem à 2005 à 2009. Il est assisté par un conseil d’administration composée de personnalités familières des études bibliques et de l’archéologie du Proche-Orient et d’amis de l’ordre dominicain.

L’Association accorde tous les ans des aides à l’École dont l’affectation est décidée en concertation avec la direction de l’École : bourses d’étude, activités de recherches, fouilles archéologiques, développement de sa bibliothèque, aide à la publication d’ouvrages.

Un bulletin, les Nouvelles de Jérusalem, est envoyé deux fois par an aux membres de l’Association, et deux conférences par an sur des sujets bibliques ou archéologiques leur sont proposées à Paris. La plus récente, qui s’est tenue le 21 octobre au collège des Bernardins intitulée « La Bible au pays de la Bible : rencontre avec l’École biblique de Jérusalem », a permis au public français et du Collège de rencontrer plusieurs pères de l’École et d’échanger avec eux.

Vous pouvez adresser vos demandes d’adhésion et vos dons par virement ou par chèque, à l’ordre de l’Association des amis de l’Ébaf, à :
Association des amis de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem
Couvent Saint Jacques
20 rue des Tanneries
75 013 Paris (France)
associationdesamis@ebaf.edu

Pour télécharger le formulaire d’adhésion : cliquer ici
Vous pouvez aussi adhérer en ligne : ici !

Cotisation ordinaire : 45 €
Cotisation étudiants : 25€

L’association des Amis de l’École biblique de Jérusalem est habilitée à délivrer des reçus fiscaux.

Il est également possible de faire un don à l’Association en précisant une affectation précise.


Liste des membres du conseil d’administration

Président
M. Alain Rémy, ancien ambassadeur, consul général de France à Jérusalem (2005-2009)

Vice-président
Frère Olivier Poquillon, op, Directeur de l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem

Secrétaire général
M. Bruno de Trémiolles, cadre dirigeant retraité du groupe Péchiney

Trésorier
M. Gaël Dupont, vice- président et directeur général délégué de la banque Cholet-Dupont

Trésorière adjointe

Mme Chantal Pithois-Latapie, laïque dominicaine

Membres titulaires

Mme Béatrice Oiry, professeur à l’Institut catholique de Paris

M. Vincent Michel, archéologue, professeur en histoire de l’art et archéologie de l’Antiquité à l’université de Poitiers

M. Arnaud Serandour, maître de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes

Père Guy Tardivy, op, prieur du couvent Saint-Hyacinthe


Conférences des Amis de l’Ébaf

Retrouvez ici les compte-rendus des dernières Conférences de l’Association.

La Bible au pays de la Bible : rencontre avec l’École Biblique de Jérusalem
Qui était Roland de Vaux ?
– Frère Jean-Jacques Pérennès, op, 10 juin 2023
Le masque grimaçant de la citadelle d’Amman 
– Frère Jean-Baptiste Humbert, op, 8 octobre 2022

Lire la Bible en temps de crise écologique, état des lieux – Béatrice Oiry, 14 mai 2022
Jérusalem à Lalibela (Ethiopie). Circulations, inspirations et imitation (XIIe-XIIIe siècle) — Marie-Laure Derat, 22 novembre 2021
La relation entre Juifs et Romains et son reflet dans les textes rabbiniques — Katell Berthelot, 24 avril 2021
L’urbanisme antique de Jérusalem du Ier siècle avant J.C. au IIè siècle après J.C. — Dominique-Marie Cabaret, o.p., 30 novembre 2019
Naissance du Pentateuque : anciennes et nouvelles hypothèses — Thomas Römer, 22 juin 2019
Le chêne de Mambré : relecture archéologique d’un site majeur de Palestine — Vincent Michel, 17 novembre 2018
Le Christianisme syriaque en Inde — Françoise Briquel-Chatonnet, 7 avril 2018
Le moyen âge et la critique textuelle de la Bible – Gilbert Dahan, novembre 2017
Jérusalem, Histoire d’une Ville mondeVincent Lemire, mai 2017
Juifs et chrétiens en Arabie à la veille de l’Islam : nouveautés archéologiques – Christian Robin, novembre 2016
Le Père Antonin Jaussen, op – Jean Jacques Pérennès, op, avril 2016
Le conflit entre Pierre et Paul : un exemple de gestion des conflits dans l’Eglise – Roselyne Dupont-Roc, novembre 2015
L’archéologie de l’École biblique et le défi de Gaza. Mille ans d’histoire mis au jourJean-Baptiste Humbert, juin 2015
La personnification de la Sagesse divine en Pr 8, 22s et les controverses patristiques sur la Trinité – Paul Mattéi, décembre 2014
Le trésor des manuscrits bibliques et patristiques découvert au monastère Ste-Catherine du Sinaï Alain Desreumaux, mai 2014
Moïse et le buisson ardent, dans l’art d’Orient et d’Occident – François Boespflug, octobre 2013
Sept lectures du Psaume 2 – Jean-Luc Vesco, juin 2013
La figure de Judas, des évangiles à la modernité – Régis Burnet, novembre 2012
Le prophète Zacharie et les origines du messianisme sacerdotal – Arnaud Sérandour, juin 2012
– Foi et raison, des pères apologistes à Jean Chrysostome – Catherine Schmetzer, novembre 2011
La position de la France à Jérusalem –  Jean Guéguinou, juin 2011
La Bible en ses Traditions – Olivier-Thomas Vénard, mai 2011
La formation des canons (catholique, orthodoxe, protestant) de l’Ancien Testament – Gérard Billon, octobre 2010
John Meier et les recherches actuelles sur le Jésus de l’HistoireMichel Berder, juin 2010
Le messianisme au travers des écrits de Qumran – Jean Duhaime, octobre 2009
Les voyages maritimes de Saint Paul – Chantal Reynier, octobre 2008
– La communauté paulinienne de Philippes à la lumière de l’archéologie historique – Marie-Françoise Baslez, octobre 2008
150 psaumes qui font un livre : le Psautier – Jean-Luc Vesco, juin 2008
Bible et archéologie : une relation difficile – Jacques Briend, octobre 2007


Procès-verbaux de l’Association

Retrouvez les procès-verbaux des dernières assemblées générales ici :

– Assemblée générale du 14 mai 2022
Assemblée générale du 10 juin 2023



Les colloques liés à la Bible en ses Traditions cet été

  • La première semaine d’août, l’équipe de la Bible en ses Traditions sera présente au congrès de la Catholic Biblical Association à Washington.
  • Plusieurs membres de l’École interviendront aussi à celui de la Society of Biblical Literature à Berlin.

Nous sommes également intervenus à …

… Monaco

Le P. Olivier-Thomas Venard est invité par Charlotte Casiraghi à présenter “Prier comme un acte de parole”, avec le rabbin Delphine Horvilleur et le prof. Abdenour Bidar au cours du colloque 2017 des Rencontres Philosophiques de Monaco.
Cela donnait l’occasion de remercier quelques bienfaiteurs de notre projet, en particulier la Princesse de Hanovre pour son soutien de Syllabes Divines, en décembre dernier. Occasion aussi de rencontrer Dr. Barbara Cassin, conservatrice de l’exposition magnifique Après Babel, Traduire au MUCEM à Marseille, et chef du projet Les Intraduisibles des Trois Monothéismes, auquel nous espérons participer, à la Bible en Ses Traditions.

… Bruxelles

Le professeur Régis Burnet, de l’Université de Louvain-La-Neuve, contributeur de longue date à La Bible dans ses Traditions, a organisé la 26ème Université d’été d’histoire religieuse (fondée par Gérard Cholvy et Yves- Marie Hilaire). Le sujet de cette année était “Figures de David d’hier à aujourd’hui”.
Il invitait la Bible en ses Traditions à animer un atelier. Le défi consistait à présenter notre programme au début de la conférence, et à transformer les 3 ou 4 communications traitant du célèbre “péché de David” données lors de cette conférence en une belle annotation préliminaire présentable en fin de conférence. Pari tenu, grâce aux travaux très savants et clairs des prof. Régis Burnet (UCL), Régis Courtray (Université de Toulouse), Charles Mercier (Université de Bordeaux).
Cela n’aurait pas été possible sans le travail préparatoire de Marie-Édith Garin (traduction, annotation philologique de 2 Sam 11-12): merci à elle !