RENCONTRE AVEC UN CHERCHEUR

Après Daniel Machiela le mois dernier, nous avons cette semaine questionné Torleif Elgvin, lui aussi spécialiste de Qumrân, sur ses recherches et les raisons de sa venue à l’École biblique.

Vous travaillez sur les manuscrits de Qumrân. Quel est exactement votre sujet de recherche ?

« Je travaille depuis trente ans sur les manuscrits de la mer Morte. J’ai édité et publié certains d’entre eux. Et depuis huit ans, je me rends au Scrolls lab* de l’Autorité des antiquités d’Israël avec un microscope numérique pour agrandir les petits détails afin de corriger et d’améliorer les éditions précédentes des manuscrits. Lorsque je viens à Jérusalem, je prévois toujours quelques jours de travail au Scrolls lab situé au Musée d’Israël (qui dépend de l’Autorité des antiquités), afin de vérifier et d’améliorer nos lectures de certains manuscrits de la mer Morte, qu’ils soient bibliques ou non. Après ma visite la semaine dernière, j’ai déjà pu améliorer la lecture de quelques lignes d’un commentaire biblique de Qumrân. De petits détails donc, mais des détails importants.

Et en même temps, je peux travailler à la bibliothèque, ici, à l’École biblique. C’est une très bonne combinaison, car j’avais besoin de consulter des éditions de textes et des commentaires pour justifier mon réarrangement de certaines pièces des manuscrits, pour savoir comment ils peuvent être construits ensemble. »

Pourquoi venez-vous à la bibliothèque de l’École biblique ?

« Les textes des différentes périodes de l’histoire biblique et les résultats archéologiques s’éclairent souvent mutuellement. Les textes bibliques des deux derniers siècles avant J.-C. sont contemporains des manuscrits de Qumran et doivent être interprétés en dialogue avec les manuscrits et l’archéologie de la Judée. Et ici, à la bibliothèque de l’École, je trouve à la fois le matériel archéologique pertinent et ce dont j’ai besoin en ce qui concerne le texte biblique. Il est donc très utile pour moi de venir deux ou trois semaines à l’École chaque année ou presque.

Torleif travaillant sur les photos de manuscrits prises avec son microscope digital au Scrolls lab

Mais à cause de la covid, cela fait deux ans et demi que je ne suis pas venu. Nous avons eu une semaine très productive ici avec une douzaine de chercheurs pendant le symposium de Qumrân en 2019. J’ai vécu de nombreuses années à Jérusalem auparavant et je dirais que mes deux endroits préférés à Jérusalem sont maintenant le Scrolls lab de l’Autorité des antiquités et la bibliothèque de Saint-Étienne. »

Torleif Elgvin, professeur au NLA University College, Norvège

 

* laboratoire des manuscrits