23 avril 2026 – Jeudi de l’ÉBAF avec Louis Chevillard : Chronologie et sources du «mouvement messalien»

Les messaliens, vous connaissez ? Venez à la découverte du mouvement messalien avec Louis Chevillard, missionnaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, jeudi 23 avril 2026 à 18h00.

Longtemps perçu à travers le prisme de l’hérésiologie, c’est à travers l’examen des sources que le conférencier nous invite à découvrir aujourd’hui les origines et les développements de ce mouvement mal connu.

Quelles furent donc les réalités historiques, les réceptions polémiques et les élaborations doctrinales liées à ce mouvement ?

En croisant les témoignages textuels, les traditions manuscrites et les reconstructions historiographiques, Louis Chevillard nous propose de revisiter un dossier complexe, où se jouent à la fois des enjeux de classification, d’interprétation et de mémoire des mouvements spirituels de l’Antiquité tardive.

Cette conférence offrira ainsi une réflexion approfondie sur les processus par lesquels certains courants religieux passent du statut de pratique marginale à celui de catégorie hérésiologique, révélant en creux les mécanismes intellectuels et ecclésiaux de définition de l’orthodoxie.

Louis Chevillard bénéficie d’une allocation de recherche pour son séjour à l’ÉBAF. Découvrez ici les possibilités de bourses pour étudier à Jérusalem.

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Vidéo : “Marc, le théologien, une lecture symbolique du récit de Marc” par le prof. José Enrique Aguilar

Dans le cadre des Jeudis de l’ÉBAF, nous avons eu la joie d’accueillir une conférence consacrée à l’Évangile selon saint Marc, donnée par le prof. José Enrique Aguilar. Deux passages décisifs de l’Évangile ont été examinés : le baptême de Jésus et sa mort sur la croix.

À partir de ces deux passages décisifs de l’Évangile — le baptême de Jésus et sa mort sur la croix (Mc 1,9–11 ; 15,37–39) — nous avons exploré la façon dont l’évangéliste construit un parcours théologique d’une grande densité, au cours duquel se révèle progressivement l’identité de Jésus jusqu’à la confession du centurion.

Professeur d’Écriture sainte au St. Joseph’s Seminary (Dunwoodie, New York), José Enrique Aguilar nous a proposé d’entrer dans une lecture symbolique du texte, attentive aux correspondances internes, aux structures narratives et aux signes théologiques qui traversent le récit marcien.

Deux documents de la présentation sont disponibles au format PDF et peuvent être téléchargés :

Marc, le théologien (French text) et
Handouts.

La vidéo complète de l’événement est disponible sur notre chaîne YouTube, ici :

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Semaine Sainte 2026 à la Basilique Saint-Étienne

Dans le contexte du conflit en cours, les célébrations de la semaine sainte se dérouleront dans le respect des mesures prescrites par les autorités. Il est demandé à toute personne souhaitant y participer de s’y conformer strictement.


HORAIRE DES OFFICES DE LA SEMAINE SAINTE 2026

BASILIQUE SAINT-ÉTIENNE


DIMANCHE DES RAMEAUX (29 MARS)

Messe — 7h00
Messe avec procession dans le jardin et bénédiction des rameaux — 10h30
N.B. : Laudes à 8h30, vêpres à l’horaire habituel du dimanche (19h30)


JEUDI SAINT (2 AVRIL)

Office des lectures suivi des Laudes — 8h00
Célébration de la Cène du Seigneur — 17h00


VENDREDI SAINT (3 AVRIL)

Office des lectures suivi des Laudes — 8h00
Célébration de la Passion et de la Croix du Seigneur — 17h00


SAMEDI SAINT (4 AVRIL)

Office des lectures suivi des Laudes — 8h00
Vêpres brèves du samedi saint (horaire avancé) — 19h00
Vigile pascale et messe de la nuit — 21h00


DIMANCHE DE PÂQUES (5 AVRIL)

Messe — 7h00
Messe solennelle de la Résurrection — 11h30
N.B. : Laudes et vêpres à l’horaire habituel du dimanche (8h00 et 19h30)

Vidéo : Corruption, bakchich et cadeaux dans la Bible et les cultures voisines

Corruption, bakchich et cadeaux dans les sociétés de l’Antiquité proche-orientale et dans les textes bibliques : tel fut le thème que nous a proposé d’explorer le frère Martin Staszak, jeudi 26 mars à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.

Bibliste, le fr. Martin est dominicain, spécialiste de l’Ancien Testament et du Proche-Orient ancien. Ses travaux portent notamment sur les contextes historiques, sociaux et juridiques dans lesquels les textes bibliques ont pris forme, ainsi que sur les interactions entre Israël et les cultures voisines du monde antique.

La Bible évoque à plusieurs reprises les cadeaux offerts aux autorités, les présents diplomatiques ou encore les bakchichs destinés à obtenir une faveur ou infléchir une décision. Ces pratiques, qui peuvent apparaître aujourd’hui comme des actes de corruption, paraissaient avoir été bien enracinées dans des systèmes sociaux complexes où le don, la réciprocité et l’honneur jouaient un rôle structurant.

À partir des textes bibliques et de sources provenant des cultures voisines du Proche-Orient ancien, il s’est agi d’appréhender la manière dont ces pratiques étaient comprises et évaluées dans l’Antiquité. Quelles pouvaient être les tensions entre normes morales, pratiques sociales et discours religieux dans les sociétés où la Bible a vu le jour ?

En mettant en dialogue la tradition biblique avec son environnement culturel, le fr. Martin nous a proposé une réflexion sur la frontière parfois fragile entre cadeau légitime, stratégie diplomatique et corruption damnable.

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Commémoration du dies natalis du père Marie-Joseph Lagrange (10 mars 1938 – 10 mars 2026)

Aujourd’hui à midi, les frères de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem se sont réunis pour marquer le dies natalis (jour de sa naissance au Ciel) du père Marie-Joseph Lagrange, fondateur de l’École, décédé le 10 mars 1938.

En raison de la situation d’urgence actuelle, la messe commémorative a été célébrée à midi dans l’abri que la communauté utilise en cas d’alerte. La célébration était présidée par le prieur, le frère Stanisław Gurgul, et l’homélie en mémoire de la vie et de l’œuvre du père Lagrange a été prêchée par le frère Olivier-Thomas Venard.

Derrière l’autel était exposé un portrait photographique récemment restauré du père Lagrange. Celui-ci sera prochainement installé près de l’autel latéral de saint Jérôme dans la basilique Saint-Étienne.

À l’issue de la célébration, les frères ainsi que la communauté de l’ÉBAF se sont retrouvés pour un déjeuner fraternel. À cette occasion, tous ont pu savourer un gâteau spécial, en forme de livre, préparé par le frère Pierre de Marolles.

Nous présentons également ici à nos lecteurs le texte intégral de l’homélie prononcée à cette occasion :


Homélie du frère Olivier-Thomas Venard OP

pour honorer la mémoire de notre fondateur,
le frère Marie-Joseph Lagrange OP
10 mars 2026, anniversaire de sa naissance au Ciel

Notre frère prieur, Stanislaw Gurgul, a souhaité qu’en ce jour anniversaire de son rappel à Dieu nous fassions mémoire du frère Marie-Joseph Lagrange, le fondateur de notre chère École.

En ce 78ᵉ anniversaire de la mort du frère Marie-Joseph Lagrange : « Faisons l’éloge des hommes illustres » (Si 44,1), le panégyrique de celui que nous espérons voir un jour béatifié, donné en exemple à l’Église entière. Marie-Joseph Lagrange fut un héros de la science, de la patience, de la conscience et de la confiance.

À l’époque où diverses informations venues des sciences archéologique ou historiques semblaient menacer la tradition chrétienne, Marie-Joseph Lagrange fut d’abord un héros de la science. Plutôt que de se contenter d’arguments d’autorité — les plus faibles dans ce que la raison peut atteindre — il décida d’apprendre, d’étudier et de rechercher pour répondre aux questions là où elles se posaient : critique textuelle, grammaire, histoire ancienne.

« Les faits, voyons les faits et n’oublions pas : ce sont des faits bibliques qui doivent prévaloir sur nos raisons de convenance et nos habitudes d’esprit » (MH 82).

Il cultiva l’ascèse de l’étude. Formé à la vie dominicaine dans la tradition d’observance austère que le Père Cormier avait imprimée à la province de Toulouse, le Père Lagrange se tourmente qu’au couvent de Jérusalem les austérités du lever de nuit, du jeûne et de l’abstinence ne soient pas possibles. Il découvre que l’ascèse véritable est celle qui tient à sa vocation personnelle.

Au cours de la retraite de 1895, il note ceci dans son journal :

« Puissé-je ne travailler que par amour, sans aucun désir de m’instruire de ce qui n’est pas utile au salut. […] Pratiquer la discipline de l’esprit. Être très sévère pour toute lecture inutile, journaux, revues… Autant que possible, lire la plume à la main pour des recensions ou des notes d’Écriture, des analyses qui puissent servir. Et chercher la distraction dans la prière. »

Quel modèle pour nous !

Le résultat est plus de 19 000 pages imprimées, si mon souvenir est bon, que notre collègue et ami le Père Maurice Gilbert, éminent bibliste jésuite, lut intégralement en tant que censeur doctrinal pour le procès de canonisation — en esprit de pénitence, disait-il — pour les persécutions que ses confrères jésuites firent subir au pauvre Père Lagrange, et qu’il serait trop long d’énumérer ici.

Car les résultats de son étude ne plurent pas à tous, en particulier ceux qui voudraient que les travaux d’un prêtre fussent marqués de « sucreries dévotes » qu’il exécrait, consacré qu’il était à l’établissement des « faits bibliques », parfois surprenants pour les tenants de pieuses légendes, mais nécessaires à la religion du Verbe incarné qui s’est dit lui-même le roi des chercheurs de vérité.

Dans ses propres mots :

« Nous ne voudrions pas que des âmes se perdent pour refuser leur adhésion à ce que l’Église ne leur demande pas de croire » (RB 6, 1897, 341-79).

Ce faisant, il opéra dans toutes les directions des discernements qui n’ont rien perdu de leur actualité. Qu’il suffise de citer ces quelques lignes de sa célèbre Méthode historique, il y a plus de 120 ans déjà :

« La première condition pour pratiquer une bonne méthode historique, c’est de ne demander à l’histoire que ce qu’elle peut donner, et, lorsqu’on a mesuré ses lacunes et ses insuffisances, […] on ne peut que remercier Dieu d’avoir placé l’Écriture sainte et tout le système de la foi dans une région qui ne dépend pas plus exclusivement de l’histoire que de la philosophie » (MH 15).

Marie-Joseph Lagrange est un héros de la patience (de l’endurance et de la résilience) : jusqu’après sa mort, il endura persécution.

Alors que le pape Léon XIII l’avait encouragé à fonder l’École, ses successeurs furent suspicieux, allèrent jusqu’à lui interdire de publier sur tel sujet ou de travailler en tel domaine… Même lorsque Pie XII rendit hommage à l’œuvre du Père Lagrange dans sa grande encyclique biblique Divino afflante Spiritu, ce fut cependant sans le nommer !

Au point que Mgr Sambi, ancien légat apostolique en Israël-Palestine, nous a dit un jour ici qu’au fond le Père Lagrange a connu l’épreuve de vivre trop tôt avec des gens qui sont morts trop tard…

Il vécut ces épreuves sous le regard de Dieu, comme autant de mortifications qui le sanctifiaient. Écoutons-le encore dans son journal, en 1897 :

« Dans la vie apostolique et d’études, on croit pouvoir se dispenser de beaucoup de mortifications […], mais Notre Seigneur a coutume de compenser cela par des critiques, des blâmes, des injustices du monde ou même de religieux : il faut se réjouir qu’il ne nous laisse pas sans sa Croix. »

Or dans toutes ces épreuves, frère Marie-Joseph fut un héros de la conscience : il sut obéir et aux autorités légitimes de l’Église et aux impératifs de sa conscience éclairée par ses études.

— Aux autorités ecclésiastiques parce que, comme il l’écrit lui-même :

« Nous suivons une excellente méthode en pratiquant la critique sans jamais perdre de vue l’autorité de l’Église, parce que la règle même de la critique, c’est de tenir compte du milieu, et que l’Église est précisément le milieu où a paru l’Écriture » (MH 19).

— Et à l’autorité de sa conscience, car jamais il ne dit vrai ce qu’il avait établi faux ni l’inverse pour plaire à quelque autorité ignorante ; mais jamais non plus il ne lui désobéit si elle était légitime : il laissa son travail non publié, ou bien il proposa de changer de domaine d’étude…

Ce qui lui permit de se tenir ainsi sur la ligne de crête des vrais chercheurs de vérité fut son amour du Christ, nourri par la liturgie.

Écoutons-le encore, à la page 2 du numéro 1 de la Revue biblique :

« J’aime entendre l’Évangile chanté par le diacre à l’ambon, au milieu des nuages de l’encens : les paroles pénètrent alors mon âme plus profondément que lorsque je les retrouve dans une discussion de revue. »

La science du Père Lagrange ne fut pas la science froide du médecin légiste qui dépèce le texte sur sa table, en se souciant peu de la Présence réelle qui y palpite. Ce fut la science vécue, consciente des conséquences de son travail dans les âmes des moins savants, qu’il voulait conforter dans la foi, dans la confiance en Dieu et en l’Église.

Car lui-même, frère Marie-Joseph Lagrange, fut enfin un héros de la confiance : en la Providence, en ses frères qui ne l’abandonneraient pas (même le Bx Père Cormier MO pourtant sévère, qui sut le défendre auprès de S. Pie X), en Jésus surtout, dont l’amour est le point fixe de tout son travail.

L’œuvre du Père Lagrange recèle un secret encore insuffisamment mis en valeur : son garde-fou contre tout relativisme n’est pas je-ne-sais quelle modération bourgeoise contre les « excès » de la critique, mais une conviction profonde, qu’il appelle « le dogme fondamental de la divinité de Jésus » (MH 28), et qui est une expérience spirituelle vécue, à la suite de saint Thomas d’Aquin et des maîtres de l’École française de spiritualité.

Quand il en parle, son langage devient presque anselmien :

« La religion a pour but de nous rapprocher de Dieu ; la plus parfaite est celle qui nous unit à lui davantage. Quand l’union est telle que l’esprit ne peut en concevoir de plus intime, nous avons atteint l’absolu autant que l’homme est capable d’y participer. Ce que notre religion catholique nous propose de croire, c’est que Dieu s’est uni à la race humaine par l’Incarnation, qu’il s’unit à nous par l’Eucharistie et par la grâce, pour nous unir à lui dans la gloire. Il semble qu’il suffit de dire ces choses pour reconnaître qu’il est impossible d’aller plus loin dans l’ordre religieux » (cf. MH 5).

En vrai dominicain qu’il était, le P. Lagrange n’a jamais séparé la prière de l’étude. Durant les trois dernières années de sa vie, à Saint-Maximin, il allait devant la grotte de Lourdes pour réciter la prière « Ô Jésus vivant en Marie », reçue de ses maîtres de Saint-Sulpice et placée en tête de son Évangile selon saint Matthieu :

« Ô Jésus vivant en Marie, venez et vivez en vos serviteurs, dans l’esprit de votre sainteté, dans la plénitude de votre force, dans la perfection de vos voies, dans la vérité de vos vertus, dans la communion de vos mystères. Dominez en nous toute puissance ennemie, en votre Esprit, et pour la gloire du Père. Amen. »

fr. Olivier-Thomas Venard OP

Une version PDF de la prière pour la glorification du père Marie-Joseph Lagrange est disponible ici :

Prière pour la glorification du serviteur de Dieu Marie-Joseph Lagrange

Réouverture progressive de la bibliothèque aux chercheurs non résidents

À partir du lundi 9 mars, nous sommes heureux d’annoncer la réouverture progressive de la bibliothèque aux chercheurs non résidents, sous réserve d’un engagement à se conformer strictement aux consignes de sécurité, notamment en rejoignant immédiatement l’abri dès l’audition de la pré-alerte.

Vidéo : jeudi de l’ÉBAF avec le frère Jakub Bluj

Le jeudi 5 mars, l’École biblique et archéologique française de Jérusalem a organisé une conférence dans le cadre de la série « Les jeudis à l’ÉBAF ». Le frère Jakub Bluj, op, docteur en études de l’Ancien Testament à l’École biblique, a présenté une conférence en anglais intitulée « Metamorphoses of an Ancient Text: Different language forms of Sir 37:7–15 as a Test Case ».

Cette conférence portait sur un phénomène bien connu des spécialistes des textes anciens : la pluralité des formes linguistiques d’un même passage biblique. Le fr. Jakub a examiné le passage de Sirach 37, 7-15 comme un véritable « cas test », donnant un aperçu de la manière dont un texte ancien pouvait circuler et se transformer à travers différentes traditions linguistiques.

Le livre de Sirach, conservé dans plusieurs langues et transmis dans diverses traditions textuelles, offrait un terrain particulièrement riche pour observer ces transformations. En comparant les différentes formes du texte – issues de l’hébreu, du grec et d’autres traditions anciennes –, la conférence a montré comment ces variantes pouvaient éclairer à la fois l’histoire de la transmission du texte et les processus d’interprétation qui ont accompagné sa réception au fil des siècles.

À travers cet exemple précis, le fr. Jakub a également proposé une réflexion plus large sur la manière dont les textes bibliques évoluent au cours de leur transmission, et sur ce que ces « métamorphoses » du texte révèlent de la vie intellectuelle et religieuse des communautés qui les ont copiés, traduits et interprétés.

La vidéo est désormais disponible sur notre chaîne YouTube. Nous vous souhaitons un agréable visionnage :

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La bibliothèque de l’ÉBAF est fermée

En raison de l’état d’urgence, la bibliothèque de l’ÉBAF est fermée au public non résident.

Elle rouvrira dès la levée des mesures de sécurité par le Home Front Command.

Merci de votre compréhension.